L'homosexualité féminine
L’homosexualité féminine est appelée saphisme, ou plus communément lesbianisme ; les deux termes faisant référence à la légendaire (car il n'est parvenu jusqu'à nous que très peu de choses de son œuvre littéraire et de façon fragmentaire) poétesse grecque Sappho, de l’île de Lesbos, qui tenait un collège de jeunes filles, et dont les poèmes passionnés dédiés à ses amies, et la vie entourée d’autres femmes lui ont valu la réputation d’homosexuelle. Le plus célèbre de ces textes est l’Hymne à Aphrodite, et l'on peut supposer que son collège féminin n'était pas sans rapport avec le culte de la déesse de l'Amour, de même que l'établissement d'Aspasie. Sappho fut bisexuelle, puisqu'elle eut une fille.


On disait autrefois tribadisme (du grec tribein, « frotter ») ; ce mot, surtout employé à la Belle époque, est vieilli et n'est plus guère utilisé. Dans certaines langues (anglais tribadism, allemand Tribadie), ce terme désigne désormais une pratique sexuelle lesbienne : le fait, pour deux femmes, de frotter leurs sexes l'un contre l'autre. Les hétaïres de l'Antiquité comme celles des époques plus récentes, pour la plupart s'adonnèrent au saphisme (Colette nous en donne un témoignage relatif à son époque) et furent souvent bisexuelles, ayant eu des enfants.
Bien que plus diffuse, plus discrète, moins affichée que l'homosexualité masculine, l'homosexualité féminine est cependant tout aussi courante. Les femmes homosexuelles ou bisexuelles furent souvent celles qui eurent les vies les plus libres et indépendantes autant que leur temps pouvait le leur permettre, et furent souvent parmi les premières à s'engager dans les luttes féministes d'émancipation des femmes.

Sexualité des femmes homosexuelles
La sexualité des lesbiennes a fait naître des controverses au sein même de la communauté lesbienne. Pour les lesbiennes dites "politiques", la sexualité des femmes homosexuelles est l'occasion d'échapper à l'analogie avec la sexualité hétérosexuelle et le rapport pénétrant/pénétré (comme dans le cas des couples hétérosexuels ou d'hommes homosexuels), pour construire une sexualité « symétrique». Dans ce cas, les rapports sexuels entre femmes sont majoritairement composés de caresses (avec les mains ou la bouche), souvent de masturbation.

D'autres lesbiennes considèrent la pénétration comme une pratique sexuelle naturelle, et revendiquent « l'intérieur de nos vagins » selon le mot de la sexologue Suzy Bright. Considérer la sexualité avec pénétration comme forcément « hétérosexuelle » ou « asymétrique » revient à faire le jeu de l'idéologie machiste selon laquelle les femmes sont toujours dominées par les hommes dans la sexualité et ne sont pas libres de disposer de leurs corps. Dans ce cas, les couples lesbiens optent également pour la pénétration, parfois à l'aide de jouets sexuels voire de harnais godemichet.

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